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Test et avis du Galaxy A53

Dernière mise à jour : 6 sept.

| Défendre une colline négligée

Il vous faut un nouveau téléphone. Pas trop cher, car vous ne roulez pas sur l'or. Pas trop mauvais, puisque vous ne voulez pas échanger vos précieux dollars pour de la camelote qui sera hors service dans moins d'un an, pas top côté économique et environnemental. Vous voulez quelque chose de décent.


Il fût un temps où la compétition régna au Canada et où de tels appareils pullulaient sur les étals. Mais tout cela relève d'une autre ère, appartenant désormais aux historiens de la technologie mobile. Non, vous n'avez que peu d'options, inférieures (relativement ou effectivement) aux modèles d'antan. L'appareil milieu-de-gamme par défaut... hum, par excellence, pour le marché canadien est le Samsung Galaxy A53 5G. Voici l'histoire d'un roi qui trucida tous ceux convoitant son trône et, attention spoiler, c'est le petit peuple qui souffre de la complaisance du monarque invaincu.

Cover of the Pixel 6a review. The device is presented on a chopped log.

| Table des matières

/ Spécifications

/ Dans la boîte

/ Design, matériaux et prise en main

/ Expérience audiovisuelle

/ Communications et vibrations

/ Ports et durabilité

/ Endurance

/ Caméras

/ Performance

/ Logiciel

/ Conclusion


| Spécifications

| Spécifications du A53 5G

Processeur Samsung Exynos 1280 5nm Composition du SoC CPU: 2x ARM A76 @ 2.4GHz, 6x ARM A55 @ 2.0GHz. GPU: 4x ARM G68 @ 900MHz

Stockage et RAM 128Go, stockage UFS 3.1, port MicroSDXC supporté. 6GB RAM.

Pile et charge 5000mAh, 25W USB-PD, pas de recharge sans fil.

Logiciel et sécurité Android 12 avec OneUI 4.1, mises à jour système jusqu’à Android 15 minimum.

Mises à jour de sécurité mensuelles jusqu’en Mars 2025, puis trimestrielles jusqu’en 2026 minimum.

Lecteur d’empreintes digitales optique

Écran AMOLED FHD+ 2400x1080, HDR10+, 405ppi, format 20:9, 6.5”

Taux de rafraichissement 60/120Hz fixe

Écran plat, encoche de type Infinity-O centré (trou unique).

Matériaux Gorilla Glass 5 à l’avant, plastique en arrière, cadre en plastique.

Communications WiFi ac (5), Bluetooth 5.1, Mono-SIM.

Réseaux mobiles LTE-Advanced, 5G SA et 5G NSA supportés. 5G Sub-6GHz supportée.

Bandes 5GNR supportées n2/5/25/41/66/71/78

Ports Port USB-C 2.0, pas de prise pour écouteurs, pas de DAC.

Capteurs photo Principal: 64MP, 0.8 µm (16MP, 1.6 µm effectif)

Ultra grand angle: 12MP

Macro : 5MP

Profondeur : 5MP

| Différences versus le A52 5G

| Différences versus le S21 FE 5G

| Dans la boîte

Contents of the box the Pixel 6a came in.

Il n’y a pas de quoi s’extasier. Outre le téléphone tant attendu, il y a un câble USB-C à C de longueur acceptable, un éjecteur très basique et une mince documentation. Toujours pas de chargeur, comme annoncé au début de l’année. Faut croire que c’est mieux pour la planère de doubler l’emballage requis en vendant séparément un composant si essentiel…


| Design, matériaux et prise en main

L’impression initiale se résume en un mot : Toc. Toc comme le bruit qu’a fait le pauvre ingénieur chez Samsung lorsqu’il ne cogna qu’une fois à la porte de ses supérieurs pour lamenter la qualité exécrable des matériaux utilisés sur l’A53, avant de se résigner en contemplant l’historique récent du géant coréen. La palette de couleurs est encore très limitée au Canada, mais nous avons la « Sweetest color [sic] », noir. Côté design, c'est exactement la même conception que l'A52, avec le module photographique intégré au dos en plastique, ce que Samsung nomme « Ambient EDGE ». Pas terrible comme nom, mais ça va avec le reste.


Il y a du plastique, partout. Le dos n’est pas d’aussi bonne qualité que les Galaxy FE. Il est peu ragoutant au toucher et sa propension à retenir les taches de doigts permet de représenter visuellement l’expérience tactile. L’armature en plastique poli arrondi met aussi de l’avant les taches de doigt. Visuellement, ça fait vraiment toc. Au toucher aussi. Les boutons suivent exactement le même design et les mêmes matériaux. Donc quand vous tenez cet appareil, vous sentez que l’appareil adhère un peu trop à vos doigts, au point de sentir qu’il « colle ». Je n’arrive pas à le supporter. Dommage, car autrement, l’ergonomie est acceptable.


Bon, j’ai déjà martelé que Samsung agit contre l’environnement en clamant agir pour celui-ci, mais j’ai oublié de mentionner que lesdits boutons sont faits de plastique recyclé! 1% de l’appareil est ainsi issu de matériaux recyclés. Prenez un instant pour apprécier toute l’étendue de cette contribution majeure pour empêcher l’humanité de détruire sa demeure.


Le verre protégeant l’écran est du Gorilla Glass 5, hérité du A52 5G de 2021. Il est apparemment très mince, et donc apte à recevoir des égratignures multiples. J’imagine que c’est pour permettre aux égratignures qui vont affliger l’intégralité des multiples surfaces en plastique de s’installer aussi sur le verre, question de continuité.


En résumé, le design est bas-de-gamme. Il n’y a rien d’autre à ajouter.


| Expérience audiovisuelle

L’interface utilisateur principale est un écran OLED HDR10 20:9 de 6.5”, avec une densité de pixels de 405ppi et un taux de rafraîchissement maximal de 120Hz. Cet écran promet 800nits de luminosité en mode extérieur, mais demeure difficile à utiliser en plein soleil.

The Pixel 6a, presented on another chopped log. Its display is turned on. The scene is quite bright but discerning the elements and the text on-screen is not difficult.

Cela peut sembler intéressant mais outre le fait que le système parvient très difficilement à proposer 120 images par seconde, l’écran n’est pas très bon. Les couleurs sont très imprécises, même en mode naturel, qui s’éloignent bien trop de l’image de référence pour être acceptable. En mode naturel, l’écran tire beaucoup trop sur le bleu, ce qui n’est pas facile à corriger dans ce mode. En mode adaptatif, l’écran est un peu trop rouge. En basse luminosité, l’uniformité est médiocre, avec des zones latérales nettement plus lumineuses – et vertes – que tout le reste. Tout cela tandis que la HDR supportée est statique. En effet, HDR10 n’est pas HDR10+ ou même Dolby Vision (à oublier chez Samsung). Et pour aggraver les choses, ce n’est pas un écran prenant en charge les applications Wide Colour Gamut (WCG). Côté couleurs, c’est tout simplement un échec.


De plus, le PPI est assez bas, pour un écran OLED PenTile. La matrice de pixels est donc relativement visible. Ensuite, les réflexions contre la dalle et le verre sont déformées. Et comme ultime témoin, prouvant la médiocrité de la dalle utilisée, l’écran est nettement gris lorsqu’éteint. Pas noir, gris. Ce sont généralement les pires écrans OLED qui sont gris. Les écrans de bonne qualité sont plus sombres, tandis que les meilleurs sont parfaitement noirs, comme sur mon Note20 Ultra. Tous ces facteurs contribuent à produire une image relativement floue. Globalement, l’écran est de mauvaise qualité, légèrement plus que le S21 FE.

The Pixel 6a, presented on another chopped log. Its display is turned on. The scene is quite bright but discerning the elements and the text on-screen is not difficult.

Pour tenter de compenser cette erreur, Samsung offre de bons haut-parleurs stéréo. Le son est décemment riche et puissant… tant que le volume est bas. Après, la qualité et le niveau de détail du son dégringolent exponentiellement selon le volume. Endurer ce son est très difficile pour les oreilles sensibles. Les voix en pâtissent particulièrement, et écouter un dialogue soutenu est une source de regrets.


| Communications et vibrations

Je ne peux tester en ce moment les vitesses de transmission via les réseaux mobiles car je n’ai pas beaucoup de données et que Bell n’a pas un réseau particulièrement rapide dans mon secteur, impliquant qu’il sera impossible de saturer les téléphones. Mais en ce qui a trait aux vitesses WiFi, voici les résultats :

Vitesses WiFi

A53

Note20 Ultra

Note9

Téléchargement

130 Mbps

360 Mbps

340 Mbps

Téléversement

140 Mbps

650 Mbps

460 Mbps

Ces tests furent conduits au même endroit, de façon consécutive, de sorte à obtenir une moyenne, avec un modem AC. Et malheureusement, les vitesses du A53 5G sont lentes. Très lentes. Suffisantes pour les opérations sur les réseaux asociaux mais décevant pour terminer rapidement les opérations plus importantes, en impact et en volume de données. De plus, l'appareil ne supporte PAS WiFi ax (6), encore moins 6E. La carte réseau intégrée est ainsi assez vieille. En voyant cela, je crains que la connexion 5G ne soit tout aussi décevante.


Traitons justement de la 5G. Comme vous le savez sûrement si vous avez lu mon article sur cette technologie, la 5G mmWave est inutile, et l’A53 ne la supporte pas. Tant mieux. Un appareil 5G doit être « prêt pour le futur », non? Pas celui-ci. Voyez-vous, l’A53 5G ne supporte que quelques bandes 5G, soit les bandes n2/5/25/41/66/71/78. Elles correspondent aux bandes utilisées au Canada au moment de la sortie de l’appareil dans notre pays. Or donc, non-seulement l’A53 5G sera incapable de se connecter aux bandes qui seront déployées dans le futur, mais il ne pourra pas se connecter aux bandes 5G utilisées dans d’autres régions. C’est un thème récurrent avec les téléphones Samsung 5G. Tout ira bien tant que la technologie DSS continuera d’être employée, mais l’appareil sera assez limité par la suite. Donc, évitez de considérer la mention "5G" comme synonyme pour "prêt pour le futur", car c'est tout le contraire que nous observons ici.


Autre limitation majeure : aucun support eSIM. Le fait que Samsung se garde jalousement de doter ses appareils d’une fonction si pratique et basique devient agaçant. Aucun être sain d’esprit ne paiera 500$ de plus pour acheter un S22 sur la seule base qu’il supporte l’eSIM, donc le calcul de Samsung m’échappe complètement.


Finalement, la qualité du microphone est décevante. Ils sont deux, donc l’annulation de bruit est disponible, mais ils demeurent mauvais.


| Et les vibrations...

Quand j’y pense, je lâche un gros soupir. Le moteur de vibration est horrible, et c’est un euphémisme. Il me faudrait user d’insanités pour fidèlement décrire les vibrations produites par cet appareil. J’ai souvenir d’avoir utilisé un Xperia M4 Aqua, datant de l’époque où Sony vendait encore ses téléphones au Canada, il y a sept ans, qui avait un moteur aussi mauvais.

Bon, disons que c’est un peu fort. Les tablettes Galaxy S ont un tel moteur rotatif, mais il est plus puissant et ne produit pas un « écho » aussi dérangeant dans ces tablettes. Le retour tactile est à désactiver sur le champ. Et dans une poche… haha, complètement irremarquable.


Le moteur rotatif utilisé est ironiquement plus facile à remarquer par l’ouïe dans ce genre de situation parfaitement courante, tant que vous êtes dans un environnement sans bruit. Autrement dit, le moteur est maître dans l’art de vous gêner lorsqu’il devrait vous aider, et dans l’art de rester inaperçu lorsque vous aimeriez qu’il se fasse remarquer. Parfait pour un espion en territoire ennemi, pas super pour votre centre de communication mobile. C’est malheureusement un moteur semblable à celui utilisé sur le S21 FE.


Sachant que la fonction la plus élémentaire d’un téléphone est de permettre la communication, de telles erreurs ne sont pas faciles à accepter.


| Ports et durabilité

L’appareil peut se connecter à d’autres appareils par son port USB-C 2.0. D’accord, il y a au moins USB-OTG mais USB 2.0… c’est daté. Cette interface va limiter sévèrement toute opération de lecture ou d’écriture. Quant à la sortie vidéo… vous pouvez oublier, ainsi que DeX.


Le port pour écouteurs manque encore une fois à l’appel. Il vous faudra un adaptateur USB-C vers 3.5mm, ou bien vous pourriez vous procurer à vos frais des Galaxy Buds (ka-ching), ce qui porte un autre coup dur à l’environnement, côté emballage, transport et les déchets électroniques difficiles à recycler, considérant leur taille. C’est vraiment hypocrite.


Au moins, nous n’avons pas à déplorer la deuxième disparition de la protection contre l’eau et la poussière de la série A. En effet, l’A53 5G est encore une fois certifié IP67, comme son prédécesseur. Les escapades dans la piscine ou sous l’évier ne sont pas à craindre.


Malheureusement, tandis que le verre Gorilla Glass 5 est préférable au Gorilla Glass 3, l’écran est extrêmement mince. L’appareil devrait survivre à des chutes mineures mais présentera très vite de nombreuses égratignures. C’est simplement ce que fait le Gorilla Glass 5, comme mon Note9 pourra en témoigner. Je dirais qu’il vous faudra une protection, mais je me demande s’il y a bien quelque chose à protéger, entre le verre très susceptible aux égratignures et le plastique doux qui l’est évidemment tout autant, sinon plus.


| Endurance

Évaluer fidèlement l'endurance d'un appareil est difficile car elle varie grandement selon votre usage typique, qui vous est plus-ou-moins propre.



| Caméras

Ces images test servent à évaluer la valeur des capteurs et ne sont pas représentatives de mon travail. Mes véritables images sont disponibles ici, dans la Galerie.


| Matériel et interface

Le Galaxy A53 5G est un autre de ces téléphones avec 4 capteurs photo. Excepté... qu'il n'y a que deux capteurs utiles. En effet, outre les capteurs normal et ultra-grand-angle, il y a un capteur "macro" et un capteur de "profondeur". Si vous avez lu notre guide sur la photographie mobile, que vous pouvez consulter ici, vous savez qu'ils ne servent à rien, sauf à servir de leurre.

The Pixel 6a, presented on another chopped log. Its display is turned on. The scene is quite bright but discerning the elements and the text on-screen is not difficult.

Il n'y a donc que deux capteurs. Le premier est un capteur ultra-grand-angle de 12MP de qualité moyenne, doté d'un focus fixe et d'une longueur focale "0.5x". Le deuxième est un capteur 64MP que vous n'utiliserez qu'en tant que capteur 16MP, sauf si vous tenez à gaspiller votre espace de stockage. Ce capteur, doté de pixels à la taille effective de 1.6µm, est au moins équipé de stabilisation optique. Enfin, il s'agit d'un ensemble apparemment potable mais générique. Déplorons l'absence de zoom optique pour encore une autre année.


| Inutilité et supercheries

Commençons par un bref exposé sur les capteurs inutiles. Si je répète maintes et maintes fois cela, ce n'est pas par élan de défaitisme ou pour mépriser le géant coréen. Je laisse ces deux images prendre la parole. Sachez que la première provient du capteur "macro" et que la seconde provient du capteur normal 64MP en mode natif 16MP.

N'hésitez-pas à cliquer sur les images pour les agrandir. La seconde image est de plus basse résolution afin d'équilibrer quelque peu la comparaison mais vous pouvez constater que la balance est nettement en faveur d'un des deux capteurs sur le plan de la qualité ainsi qu'au niveau des détails résolus.


Continuons sur cette lancée avec le capteur 64MP. Pourquoi, oh pourquoi j'insiste pour éviter les valeurs plus élevées qui les caractérisent? Voici pourquoi:

Devinez quelles images fussent produites en mode 64MP. Si vous séchez, voici un indice: ce ne sont pas les images où les texture sont mieux définies.


En effet, en mode 64MP, chaque pixel est divisé en quatre! Si la surface est moindre, chaque pixel reçoit moins de lumière. Et donc, chaque pixel est d'une qualité moindre. Les détails sont très effacés sur l'image 64MP car, pour compenser le bruit électronique que provoque le déficit de lumière, le traitement logiciel affine agressivement les pixels. Ainsi, même en plein jour, le mode haute résolution est inutile et produit une image d'une résolution effective moindre. En pleine nuit, nous observons que le peu de détails résolus en mode basse résolution est préférable au mode haute-valeur-marketing.

Et maintenant, de retour à votre programme:


| Images réelles, déception tangible.

Les teintes ne sont pas très représentatives de la réalité, malheureusement. La profondeur de champ est assez laide. Si le soleil est visible, même partiellement, un voile de lumière apparaît et dégrade la qualité d'image. La lentille ultra-grand-angle est trop vulnérable aux distorsions dans les coins. La qualité semble donc décevante.

L'A53 tente de rattraper le coup avec un bon rendu côté textures. Malheureusement, la qualité s'effondre dès que les conditions lumineuses se dégradent.

Il est clair que durant la nuit, il y a vastement moins de lumière qu'en plein jour. Vous espérez peut-être pouvoir compter sur le mode nuit, mais je n'ai pas pu obtenir de meilleurs résultats lorsque je l'ai activé dans la série d'images suivante, dont la qualité est... médiocre. Le mode ultra-grand-angle y est inexploitable, tandis que le mode normal est mauvais. Oubliez la photographie de nuit, alors.

Et pour le plaisir, voici une mini-comparaison avec le A53 5G, le Pixel 6a de Google et mon Galaxy Note20 Ultra:

Ces photos sont triées de la manière suivante: A53 5G, Pixel 6a et Note20 Ultra, tous en mode normal.

Encore pour le plaisir, une comparaison de jour avec les mêmes appareils, cette fois en incluant le capteur ultra grand angle:

L'ordre ici est légèrement différent: A53 5G UGA, Pixel 6a UGA, Note20 Ultra UGA, A53 5G Normal, Pixel 6a Normal, Note20 Ultra Normal.


Et voilà, la preuve est faite: la qualité d'image est décevante en tous points et en toutes situations. Ce serait bien si Samsung déployait moins d'efforts pour que la série A5x "semble" posséder de bons capteurs photos et plutôt déployer ces ressources pour doter leurs appareils de capteurs produisant des images semblant utilisables.


| Performance

| CPU

Malheureusement, nous avons eu beaucoup de problèmes avec le test Geekbench 5 usuel. Sachez simplement que la performance est décevante. Utilisons les scores de GSMArena comme référence. Il n'y a pas d'amélioration côté CPU versus l'A52 5G, et la performance est remarquablement plus faible que l'A52s 5G, un modèle rafraîchi sorti début septembre 2021. Hé oui, l'ancien modèle est plus puissant. Ça fait tache quand le nouveau modèle n'a aucune amélioration pour compenser.


Moyenne Mono/Multi: 743/1891


Ces scores sont bas, et je sais pourquoi. En effet, lors de certains tests (c'est à dire, ceux qui se sont déroulés correctement mais qui ne font pas partie de ma vraie suite de test), l'A53 commence avec des scores plus acceptables, avant de s'écraser à cause de la chaleur extrême du SoC. C'est un appareil fait de plastique, après tout. La perte en performance soutenue est gigantesque. Il faudra laisser l'appareil se refroidir pendant de longues minutes avant de renouer avec une performance adéquate... bien qu'encore une fois très éphémère.


| GPU

De son côté, le test GPU révèle que les quatre unités de calcul Mali-G68 cadencées à 900MHz sont ineptes, surtout pour un écran 120Hz. À 60Hz, c’est excusable, mais avec un écran à taux de rafraîchissement élevé, c’est l’équivalent d’insérer le moteur d’une voiture de type Smart dans un bus de ville style Novabus. C’est tout simplement inadéquat. Ces scores sont très bas et expliquent les saccades que je décris dans la section Logiciel et sécurité.

3DMark Wildlife (1 tour = 1 min)

A53 5G

Pixel 6a

Note20 Ultra

Maximum (1er tour)

2294

6546

4221

Soutenu (10e tour)

2290

4116

4193

Soutenu (20e tour)

2280

3006

3456

Ratio de performance soutenue

99%

46%

82%

Température maximale

35°C

42°C

44°C

En test de performance GPU soutenue, l’A53 se montre étonnamment stable… sauf lorsque l’on tient en compte que comme établit précédemment, sa performance est complètement nulle. Avec seulement 4 unités de calcul Mali-G68 à 900MHz, le GPU est déjà lent et ne peut pas générer assez de chaleur pour que le SoC surchauffe. Une partie de Sonic 3 A.I.R., probablement le seul jeu décent qui supporte un rendu 1080p à 120 ips sur le A53 5G, le démontre. Le côté supérieur de l’appareil chauffe remarquablement mais le jeu produit toujours 120 ips après une période étendue de jeu.

| Logiciel

Commençons par les bonnes nouvelles, pour cette section. Le support logiciel sera long. Au moins 4 ans de mises à jour de sécurité sont promis, et une mise à jour vers Android 15 est pratiquement garantie. Ensuite, vous connaissez sûrement les fonctions uniques de OneUI, qui sont toutes présentes sur l’A53, hormis ce qui requiert du matériel spécifique comme un S-Pen ou les antennes UWB.


| Une gracieuseté de notre sponsor

C’est tout pour les bonnes nouvelles. Maintenant, la dure réalité :


Premièrement, le logiciel contient des publicités. L’appareil préinstalle un nombre excessif d’applications, dont le cancer sociétal Farcebourde, les services de streaming Netflix et Spotify, les applications que votre fournisseur de services aura décidé de préinstaller, une suite d’applications plus ou moins utiles de Google et quelques applications bourrées de publicités comme Samsung TV Plus et Samsung Free (Free clickbait, peut-être). Ce dernier est une abomination, surtout le panneau « nouvelles », sourcant ses actualités de – tenez-vous bien – Taboola News, le fameux réseau de pièges-à-clics et chumboxes où des mères monoparentales de [votre ville] sont vilipendées par des médecins pour avoir découvert une astuce étrange, inédite et surtout onéreuse et facturée automatiquement sur votre carte de crédit. Cet agrégateur toxique source en plus ses nouvelles de producteurs de contenu sensationnalistes ou trompeurs que nous ne nommerons pas ici.


Ce n’est pas tout sur la question des publicités. Une application système du nom de Mobile Services Manager tentera de vous narguer pour que vous installiez des applications et jeux sponsorisés. Au moins, elle essaie car elle tend à planter. Et puis, la suite d’applications Microsoft est préinstallée. C’est beaucoup de préinstallations qui n’améliorent pas la fonctionnalité de l’appareil.



Mais ce n’est toujours pas fini! Il y a aussi des publicités pour le service « Wifi [sic] sécurisé », qui est en fait un VPN très limité. Évidemment, l’objectif est de vous faire souscrire à l’abonnement premium à 3$/mois, mais c’est à éviter. Vous ne pouvez pas changer d’emplacement avec ce VPN, donc vous êtes confinés à l’emplacement du serveur auquel le service aura décidé de vous connecter. Sachant que je paie ce montant pour mon abonnement sur un autre service VPN, qui me laisse librement choisir parmi des milliers de serveurs répartis sur le globe, je puis attester que c’est une arnaque. Ah, et ce service est limité aux téléphones Samsung. Sérieusement, ce service est à éviter, les alternatives sont meilleures en tous points.


| Système lent

Outre ces considérations, la performance système est mauvaise. Les applications prennent bien trop de temps pour s’ouvrir. Je n’ai pas souvenir d’une lenteur pareille sur l’A5 2017. De plus, le système présente systématiquement des saccades lorsqu’il y a une charge quelconque sur le système. Aucun problème pour des pages web statiques, mais cela n’est pas de bon augure pour toute application qui charge constamment des données, comme les réseaux asociaux. Ainsi, il sera difficile d’apprécier les avantages du mode 120Hz car le GPU peine à offrir une expérience sans saccades.


Il me serait peut-être, je dis bien peut-être, possible d’excuser autant de publicités si celles-ci servaient à subventionner un appareil vendu de 70 à 100$ sous son coût de fabrication, mais tous les problèmes mentionnés dans cet avis démontrent que ce n’est clairement pas le cas.


En bonus : Samsung a cessé d’offrir l’option Déverrouillage OEM sur les Galaxy A5x en Amérique du Nord. Si vous pensiez installer une Custom ROM pour compenser le logiciel de base, vous pouvez oublier. Pathétique.


| Conclusion

C’est incroyable. Il y a quelques années à peine, si vous m’aviez demandé quel téléphone acheter qui soit de bonne qualité, polyvalent et peu onéreux, je vous aurais instinctivement dirigé vers un Galaxy A (ou un Sx Neo, pour ceux qui se souviennent de la défunte série), soulignant que tous les appareils moins chers sont de la camelote décevante d’une façon ou d’une autre (outre les Moto G originaux, supervisés par Google). Le A5 combinait qualité et prix comme seule un oxymore pourrait le faire.


Mais après des années d’améliorations technologiques, et après une hausse majeure du PDSF de 400$ vers 600$, le A53 5G est une déception complète. Il ne peut que s’enorgueillir de proposer un support logiciel étendu mais il ne saurait s’autoproclamer le maître absolu sur ce tableau. Tout le reste, que ce fussent les matériaux, l’écran, les caméras, la performance ou le logiciel, dépite. N’achetez que le A53 5G si toutes les alternatives viables ne sont plus en stock, que leur production a cessé définitivement, que son prix est à 300$ maximum avant un généreux crédit d’échange sur un téléphone basique… et que votre ancien appareil ne fonctionne vraiment, mais vraiment plus. Autrement, fuyez.

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