euhSIM

Avant, il vous fallait insérer ce qui s’apparente à une carte de crédit pour pouvoir communiquer avec un (énorme) téléphone mobile. Oui oui! C’était bien ce à quoi ressemblait une carte SIM avant. Au fil des ans, cette fameuse « carte » a perdu énormément de sa superficie superflue, et est de nos jours de la taille de la puce. Pas possible de faire plus petit! Ou bien…


Mais non, voyons. Il y a toujours moyen de faire encore plus petit! En voici la preuve; une carte si petite qu’elle n’existe pas! Je vous présente : l’eSIM.


eSIM, pour embedded SIM, est une carte SIM embarquée programmable. En gros, la carte SIM est désormais une petite puce cachée quelque part dans votre téléphone qui n’attend que de recevoir son identité. Changer de SIM est aussi simple que de pointer son appareil photo vers la nouvelle carte! C’est, en effet, en scannant un code QR que vous pouvez changer de « carte » eSIM.


Alors, pourquoi nous intéressons-nous aux cartes eSIM?

Hé bien, parce que, malheureusement, Samsung Canada s’est assuré de la non-présence de celle-ci dans notre pays, ou presque. Et aussi parce que des idées préconçues sur ce système persistent.


Je suis là! Mais tu ne m’attraperas pas!


Alors, commençons par le commencement : Samsung Canada a fait quoi?

Cela fait plusieurs itérations de leurs appareils phares, les Galaxy S et Note, que des puces eSIM sont incluses dans leurs produits. Et avant cela, Samsung a introduit la technologie au monde entier pour la première fois dans un produit grand public avec la Gear S2 3G, une montre intelligente.


Il a fallu quelques temps avant que la marque ne propose des téléphones avec cette fonctionnalité. La série S20 fut la première à le faire, même si les Pixels de Google et les iPhones d’Apple offraient l’eSIM depuis 2017/2018.


Et même après tout ce temps, l’eSIM n’est pas à portée de tous. Il suffit, malheureusement, de changer une seule ligne du CSC pour désactiver entièrement la fonctionnalité. Une variable booléenne, en effet, régit l’accès à la fonctionnalité fort pratique. L’eSIM reste donc cachée à l’intérieur de l’appareil, sans aucune raison apparente.


*Désirez-vous une preuve que la fonctionnalité est artificiellement restreinte? Consultez la fiche technique officielle du Z Fold2 canadien, et remarquez bien ceci :

Ah oui, c’est clair et net, en noir et blanc. « Embedded SIM ». Et… que vois-je, en minuscule, tout en bas?

Ouais… si cela ne vous convainc pas de la mauvaise foi de Samsung Canada, rien ne le pourra. Sauf, peut-être, cette autre minuscule inscription cachée dans les confins de la page de présentation du S21 Ultra?

Désolé, je sais que c’est tout petit, mais c’est la taille réelle. Je pourrais aussi mentionner le fait que la page de précommande des S21 mentionnait explicitement que les nouveaux appareils supportaient l'eSIM en gros et en clair et que ces mentions ont été silencieusement enlevées, mais ne nous acharnons pas.


Mais c’est lui qui…


« Hé! Et si Samsung Canada ne pouvait pas les vendre ici pour je ne sais quelle raison! »,

pensez-vous peut-être. D’accord, tentons d’identifier les possibles raisons de cette exclusion.


Suspect numéro 1 : Le matériel n’existe pas.

Et si, pour économiser, les modèles nord-américains étaient dépourvus de la puce eSIM?

Déjà, maintenir plusieurs versions de la carte mère est plus couteux qu’une petite puce de quelques kilobits… au maximum. Ensuite, le fait que la compagnie mentionne très clairement et sans ambiguïté les termes « activée » et « désactivée » au lieu d’ « indisponible » suggère fortement que l’eSIM est bel et bien présente en matériel.

Et, finalement, nous avons aussi cette confirmation écrite, quoique farfelue, de la part d’un modérateur Samsung Canada que l’eSIM est présent en matériel et n’attend qu’à être activée.


Finalement, les fournisseurs d’accès eux-mêmes confirment que les appareils Samsung qu’ils vendent proposent l’eSIM en matériel. Donc clairement, la puce est là.


Et puis, pour dissiper tout doute qui puisse subsister, voici le client eSIM, installé et inaccessible sur mon Note20 Ultra :

Le suspect numéro 1 est libéré de toutes les charges. La poursuite se penche désormais sur le suspect…


Numéro 2 : Les fournisseurs

On aime bien pointer du doigt nos fournisseurs canadiens. On les connaît bien, ces types qui vendent à prix d’or des oscillations invisibles. Avec les histoires qui faisait état de collusion avec Samsung pour cacher les boutons de point d’accès mobile et d’activation de données mobiles, sûrement pour provoquer des dépassements de données accidentels, facturés au taux de 10$/100 Mo bien sûr, excédant donc au gigaoctet très avantageusement le prix de l’or au gramme (qui est d’environ 65$ au moment d’écrire ces lignes).


Et puis, Samsung a commencé par blâmer les fournisseurs pour la non-existence de l’eSIM ici. Et donc, qu’en est-il?


Il n’en est rien. Déjà, les montres intelligentes LTE de la marque, les Gear S2, S3, Watch, Active, Active2 et bientôt la Watch3 (qui sera peut-être seulement remplacée par la prochaine montre. Il faut dire que son absence est étrange, vu que le micrologiciel existe pour la déclinaison canadienne) utilisent et même nécessitent l’usage de l’eSIM pour fonctionner! Dépourvues d’un port pour carte SIM, il faut bien qu’elles emploient l’eSIM pour servir à quelque chose. Et puis, il serait inutile de les vendre ici si aucun fournisseur ne pouvait les accepter.


Et encore, les fournisseurs acceptent presque tous des appareils eSIM sans aucun problème. Les iPhones et leur eSIM étaient acceptés dès leur mise en vente! Les Pixels de Google sont aussi supportés. Désormais, les fournisseurs clament supporter tout appareil eSIM sans discrimination. C’est une excellente nouvelle!


Mais pas pour nous, car un autre suspect est rayé de la liste. Qui reste-t-il à blâmer? Aucune règle du CRTC n’empêche Samsung spécifiquement de vendre des appareils avec eSIM en état de marche. Les fournisseurs vendent des appareils avec eSIM, le matériel existe et cette fonctionnalité ne dégoûterait certainement pas les consommateurs (beurk, un téléphone polyvalent…).


Clairement, quelque chose d’étrange se trame chez Samsung Canada. Nous ne saurons peut-être jamais la véritable raison (et non, ce n’est pas la faute à Qualcomm, les Pixels utilisent des puces de Qualcomm et offrent l’eSIM) mais au moins, nous savons ce que ce n’est pas.

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